Introduction

La lecture est un de mes loisirs préféré, et afin de le partager, d' abord avec ma fille, puis pourquoi pas avec vous, j' ai crée "Les lectures de Joëlle".
Mais j' aime aussi aller au cinéma (trop peu à mon goût), au théâtre (si rare!).
J'aime faire avec mon mari de grandes promenades dans la nature mais aussi visiter les villes.
Découvrir les musées, et au rythme de nos pas les rues, les façades des maisons et leur histoire, l' histoire des gens qui y vécurent et parfois y vivent encore.
Et comme j' aime aussi écrire... Je viendrai ici partager mes émotions, mes "échappées" du quotidien avec vous.
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dimanche 13 juin 2021

Souvenirs de Papi Justin!

Justin AGRAZ
Mon grand-père, mais aussi mon parrain.
Né le 24 octobre 1902 à Lourdes,
et mort le 9 octobre 1991 à Lourdes.
Il a vécu une grande partie de sa vie 
à Pierrefitte-Nestalas, au pied des montagnes.


Dans les années 80, il m'offrait toutes ses diapositives.
Beaucoup de photos des lacs des Pyrénées, 
amoureux de "ses" montagnes, il partait régulièrement en randonnée
La pèche (en lac exclusivement) était une excuse, mais il ramenait de superbes truites, 
le petit plus c'est que parfois elles étaient "saumonées".
 Ce n'est pas étonnant si aujourd'hui encore, 
je suis très difficile dans le choix de mes truites!


Me voici, j'ai sûrement deux ans, ou moins. 
C'est la seule photo de moi enfant où je suis seule.
J'imagine donc que soit ma soeur n'était pas née, soit elle était encore un bébé.
Le chat c'est "Kim-Prous"
On m'a toujours dit que c'était du patois et que ça voulait dire "On est assez ici". 
Mes grands-parents ne manquaient pas d'humour!


"Pédale, tu es la grande!"




Photo de famille sur le perron à Pierrefitte.


Ma grand mère, Louise.

 


Le jour de ma communion privée.
Devant la maison où je suis née!
j'ai le souvenir d'un affreux mal aux pieds!
J'ai appris ce jour là à souffrir en gardant le sourire 


En ces temps là mes grands-parents maternels 
n'avaient que nous quatre à gâter!

Vacances à Villefranche-sur-mer peut-être en 1964

mardi 27 avril 2021

Pierre Perret



Pierre Perret est né le 9 juillet 1934 à Castelsarrasin dans le Tarn-et-Garonne.
Auteur-compositeur-interprète, il s'accompagne à la guitare et joue aussi du saxophone.

C'est dans mon souvenir, "Tonton Cristobal" que nous chantions à tue-tête!
"Tonton Cristobal est revenu
Des pesos des lingots il en a le cul cousu
La famille hypocrite crie vive le barbu
Tonton Cristobal est revenu"

La petite Marielle voulait pour son anniversaire le succès de l'époque "Le zizi", nous connaissions tous "Au tord-boyaux", "Cuisse de mouche", ou encore "Moi j'attends Adèle". Des chansons plutôt gaies, entraînantes, jamais méchantes.

Mais au-delà de l'humour, j'ai découvert chez Pierre Perret un engagement sincère exprimé avec tendresse. 

Déjà dans "Les jolies colonies de vacances"
Quelques petits vers enjoués pour parler pollution!
Je tousse un peu à cause qu'on avale
La fumée de l'usine d'à côté
Mais c'est en face qu'on va jouer
Dans la décharge municipale

Pour se baigner, c'est le coin tranquille
On est les seuls, personne y va
On va se tremper dans un petit bras
Où sortent les égouts de la ville

Triste de ne trouver que du goudron aux pieds des tours
Donnez-nous donnez-nous des jardins
Des jardins pour y faire des bêtises
D'où l'on revient des p'tites fleurs à la main
Quand on a déchiré sa chemise
Des jardins d'où l'on est si contents
De rentrer les genoux tout en sang

Il écrit pour les femmes battues,
Femmes battues 
Tabassée à mort par amour,
Parait qu'c'est courant de nos jours
Le métier d'épouse n'est pas sur
Quand on est la femme d'un vrai dur.
Mais celle qu'il appelle sa traînée
D'infidélité soupçonnée
À pourtant aimé ce débris
Qui la frappe à bras raccourcit.

Oui c'est à toutes les femmes battues
Qui jusqu'à présent se sont tues
Frappées à mort par un sale con,
Que je dédie cette chanson.

Il écrit pour les femmes abusées, violées, à sa façon, mais avec respect et tendresse.
Mon ptit loup
T'en fais pas, mon petit loup
C'est la vie, ne pleure pas
Oublie-les, les petits cons
Qui t'ont fait ça
T'en fais pas, mon petit loup
C'est la vie, ne pleure pas
J't'en supplie, mon petit loup
Ne pleure pas

Et il écrit Lily, pour toutes les émigrées… 

On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies, Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux, Lily
Au pays d'Voltaire et d'Hugo, Lily
Mais, pour Debussy, en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté, Lily
Elle rêvait de fraternité, Lily
Un hôtelier, rue Secrétan
Lui a précisé, en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs
Elle a déchargé des cageots, Lily
Elle s'est tapée les sales boulots, Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue, ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige, Lily
Elle se laissait plus prendre au piège, Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé, Lily
Qui était tout prêt à l'épouser, Lily
Mais, la belle-famille lui dit
"Nous n'sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous"
Elle a essayé l'Amérique, Lily
Ce grand pays démocratique, Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas, aussi ce fût le noir
Mais, dans un meeting à Memphis, Lily
Elle a vu Angela Davis, Lily
Qui lui dit "viens, ma petite sœur"
"En s'unissant, on a moins peur"
"Des loups qui guettent le trappeur"
Et c'est pour conjurer sa peur, Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur, Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur
Mais, dans ton combat quotidien, Lily
Tu connaîtras un type bien, Lily
Et l'enfant qui naîtra, un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies, Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris

Merci Monsieur!

lundi 1 mars 2021

Quinze ans !

Aujourd'hui, ma petite princesse a 15 ans !
Ce premier mars 2006, il neigeait à Vigneux, à Evry, en région parisienne.
Lorsque notre gendre est entré dans la salle d'attente,
tenant dans ses bras cette jolie petite fille,
un rayon de soleil a éclairé la pièce!

2006
Ce bébé qui, avec elle amenait encore plus de bonheur, était tout sourire.
Dès qu'on lui parlait, elle souriait, 
J'ai d'elle ce souvenir merveilleux d'un bébé gracieux, 
d'une petite fille sourire!

2012
Elle a grandi ma Lisa, 
pas toujours le sourire,
mais le plus souvent la bonne humeur!

2012
C'est ma princesse de l'hiver!

2017
C'est le sourire du bonheur! 

samedi 26 septembre 2015

Merci Docteur!

Quand on s'installe dans un lieu nouveau, quand on a deux jeunes enfants, une des premières choses à faire, c'est de prendre contact avec un médecin.
C'est exactement ce que j'ai fait lorsqu'en 1983 nous nous sommes installés.
Le village était petit, pas de pharmacie, une ou deux infirmières, et un seul médecin.
Je vous ai donc rencontré docteur K., et durant les trente-deux années qui se sont succédées, vous avez toujours été présent pour nos petits, et surtout nos grands maux.
Lorsque désolée de vous avoir dérangé pour rien, vous m'avez gentiment répondu :"Si je n'avais pas voulu être dérangé, j'aurai choisi un autre métier!"—"Vous savez, Madame, lorsqu'un de mes enfants est malade, je n'ai besoin de personne pour me rassurer, ce qui n'est pas le cas de la plus part de mes patients, et rassurer les gens fait aussi parti de mon métier!"
J'ai toujours eu confiance en votre diagnostic, et je n'ai jamais eu à le regretter. Après sa chute, alors que ma fille n'arrivait pas à marcher, nous ne comprenions pas ce qui "bloquait" chez elle, vous êtes venu un soir à la maison et comme si c'était hier, je me souviens encore de ce que s'est passé.
"Laurence, assied-toi, prend mes mains et regarde-moi dans les yeux. Maintenant lève-toi…et avance!" Et ma petite puce, ma si petite puce s'est levée. Au fond d'elle, encore aujourd'hui, elle est persuadée que vous l'avez guérie.
Je ne vous ai vu que deux fois perdre votre sang froid. Les analyses de mon mari vous ont inquiété au point de me contacter et de le faire revenir d'urgence…Une maladie a été diagnostiquée, et depuis est gérée sans soucis…Et lorsque avec mon mari, nous sommes venus avec notre fils…en 2008, il avait 33ans, j'ai vu dans votre regard du désespoir.
Mais comme toujours vous nous avez bien dirigé, nous avons pu encore une fois compter sur vous…
Lorsque nous nous croiserons, je crois que je continuerai à vous appeler "Docteur".


Merci, merci Docteur…
d'avoir partagé nos petits, mais surtout nos grands maux!
Je vous souhaite une merveilleuse, une bonne et longue retraite!

vendredi 30 janvier 2015

Que sont mes amies devenues…?

"Qu'un véritable ami est une douce chose" 
écrivait Montaigne en pensant à La Boétie.


J'ai eu, dans mon adolescence, très peu de véritables amies. J'avais beaucoup de copains, de copines, mais pour partager mes secrets, mes peurs et mes angoisses, mais surtout mes espoirs les plus fous, elles furent trois.
J'étais, je suis toujours, même si le coiffeur m'aide un peu, brune aux yeux marrons, elles étaient blondes, aux yeux verts, bleus ou noisettes. Je n'ai eu pour véritables amies, que de jolies blondes.

Vivianne fut la première. Ses cheveux étaient blonds, d'au moins trois teintes différentes, du doré au soleil couchant, elle avait une chevelure extraordinaire et des yeux verts.
C'est en cinquième que nous nous sommes connues. Elle était la troisième d'une fratrie de six. Un couvert de plus chez elle n'était jamais un problème. J'étais toujours la bien-venue.
Vivianne n'aimait pas l'école, elle a très tôt trouvé du travail, elle prenait la vie à bras le corps, sans crainte. Elle savait tout faire, se faisait ses fringues, ne mâchait pas ses mots. J'allais parfois la chercher à son travail, elle faisait des ménages et son boulot n'était pas de tout repos. Mais elle était lumineuse, heureuse, elle gagnait sa vie.
J'ai rencontré Josyane, une petite blondinette aux yeux d'un bleu extraordinaire, et comme elle était myope, son regard semblait toujours vous traverser. C'était une élève brillante, elle traversait ses années d'étude en chantant, nous n'avons jamais été dans la même classe, c'est dans le bus, puis dans la cour que notre amitié c'est développée. Elle n'avait pas froid aux yeux, elle séduisait tous les garçons, elle n'avait pas bonne réputation. Les filles ne l'aimaient pas, j'adorais la façon dont elle se moquait des autres, je savais où étaient ses blessures, je connaissais sa fragilité.
Je suis partie à l'autre bout du monde. Nous avons correspondu. Josyane fut sans doute la plus assidue, elle était à l'aise dans l'écriture, Vivianne beaucoup moins.
C'est au lycée La Pérouse de Nouméa que je rencontrais Elisabeth. Elle n'était pas vraiment blonde, mais pas vraiment brune non plus. Son père, comme le mien, travaillait dans de grandes sociétés et nous faisions partis des "expats". Nous n'étions pas dans la même classe, comme avec Josyane c'est dans la cour et à la cantine que nous avons beaucoup parlé. Lorsque je suis rentrée en métropole, j'ai pendant quelques années correspondu avec elle, puis plus rien. D'elle aujourd'hui je ne sais plus rien.

Je n'ai jamais revu Vivianne, mais je lui ai téléphoné il y a quelques années, ce n'était pas très difficile de trouver ses coordonnées, dans une petite ville où tout le monde se connait. Elle avait un fils, de l'âge du mien. Après un mariage décevant, elle avait divorcé et semblait heureuse avec son nouveau mari.
Josyane est devenue professeur d' histoire et géographie, elle a fini par épouser son grand amour, son seul amour, celui de l'enfance, ils ont eu un fils et quand je les ai contacté étaient heureux ensembles.
Nous nous sommes revus, nos maris étaient copains, c'est grâce a eux que nous sous sommes "rencontrés". Nous avons passé quelques heures ensembles toutes les deux, j'ai été heureuse de la revoir.

J'ai cessé toutes relations avec mon passé, je ne les ai plus contactés.
Mais il faut être honnête, elles n'ont pas non plus cherché à me joindre.
J'ai décidé que je ne retournerai plus dans ma ville natale. Nos vies ont fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui. Le bonheur se joint au malheur pour faire une vie. Je ne regrette rien.
Je les ai aimées et c'est toujours avec tendresse que je pense à elles trois.